Étang de la Gardelle dans son vallon herbeux, sommets ariégeois en arrière-plan
Débutant
2 jours
12 km
Pyrénées

Étangs de la Gardelle

Un plateau à 2 400 m constellé de quatre étangs, une nuit au bord de l'eau, et un retour par deux autres lacs d'altitude.
Cette fiche décrit l'itinéraire dans des conditions favorables. Vérifiez systématiquement la météo, l'état du terrain et les conditions du jour avant de partir. En montagne, vérifiez la présence de neige au printemps et au début de l'été. Les températures peuvent chuter fortement la nuit et avec l'altitude. Partez avec un équipement adapté. Vous restez seul juge de votre engagement.
12
km au total
1083
m de dénivelé positif
6-7h
de marche estimée
1630 à 2476
m d'altitude
2395
m, altitude du bivouac
"Deux heures de montée et le vallon s'ouvre d'un coup sur un plateau de quatre lacs : le rapport effort-décor le plus favorable que je connaisse en Ariège."

Le parcours

Effectué par l'auteur

Le sentier part du parking des Orris du Carla (1 630 m), au terminus de la route de Soulcem, et remonte le vallon du ruisseau de la Gardelle qu'il franchit à gué à plusieurs reprises. La pente est soutenue d'un bout à l'autre, jalonnée de marques jaunes et de cairns, avec quelques sections en balcon au-dessus du ruisseau. Un abri de pierre vers 2 150 m annonce le replat, et le plateau s'ouvre enfin sur les étangs de la Gardelle, quatre lacs étagés entre 2 370 et 2 420 m. Comptez 3,4 km et 767 m de dénivelé, en 2h à 2h30 : la journée est courte, et c'est voulu.

La deuxième journée enchaine trois lacs de plus. Elle commence par le col à 2 476 m, juste au-dessus du camp, point haut de la boucle, puis bascule sur l'étang de Roumazet (2 154 m). Le sentier remonte ensuite en pente douce plein sud jusqu'à l'étang de la Soucarrane (2 291 m), posé dans un cirque de pelouses d'altitude et de blocs au pied du pic de la Soucarrane (2 902 m).

De là, le vallon déroule vers l'est jusqu'au fond de la vallée de Soulcem, vers 1 800 m, où la piste qui longe le ruisseau ramène tranquillement au parking. Comptez 8,7 km et 4h à 4h30 pour cette seconde journée, dont plus de mille mètres de descente. Les randonneurs aguerris peuvent ajouter depuis les étangs l'aller-retour au pic Sud de Canalbonne (2 850 m), sur la crête frontière, mais le vallon s'y remonte aux cairns puis hors sentier : ce n'est pas une randonnée et cela ne fait pas partie de l'itinéraire.

Le bivouac

Le bivouac s'installe au bord des étangs de la Gardelle, vers 2 395 m : un vrai plateau d'altitude, herbe et blocs, avec quatre lacs étagés à quelques minutes les uns des autres et de l'eau partout. Le cirque est fermé au sud-ouest par la Pointe de Roumazet (2 842 m) et les crêtes frontière. Le terrain plat et dégagé laisse le choix de l'emplacement, rare à cette altitude.

Aucun abri utilisable sur l'itinéraire : les orris de Lagardelle, en contrebas des étangs, comme la cabane de Soucarranne traversée le lendemain, sont réservés à l'usage pastoral et fermés aux randonneurs. L'autonomie est totale pour la nuit.

Avant de partir

Réglementation

Ici, ni parc national ni réserve naturelle : l'itinéraire se déroule dans le Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises, sans réglementation de bivouac propre au secteur. Un bivouac classique — tente montée vers 19h, démontée avant 9h, aux abords des étangs — ne pose aucun problème. Feu interdit et réchaud uniquement, aucune poubelle sur le parcours : redescendez tous vos déchets. Les drones sont interdits sur la vallée par arrêté préfectoral.

La vallée de Soulcem est une zone d'estive : vaches, brebis et chevaux de Mérens y pâturent tout l'été, gardés par des patous. Les chiens sont admis, contrairement aux itinéraires en parc national, mais doivent être tenus en laisse et à distance des troupeaux.

Ce qui rassure
  • Une première journée très courte : 2h à 2h30 de montée, on arrive pour déjeuner et on a tout l'après-midi sur le plateau
  • Une vraie boucle sans logistique : le retour passe par un autre vallon et ramène à la voiture, sans navette ni second véhicule
  • De l'eau à chaque étape : le ruisseau de la Gardelle à la montée, les quatre étangs au camp, puis Roumazet et la Soucarrane le lendemain, à traiter avant consommation
  • Un retour sur sentier marqué : passé le col, la descente sur Roumazet puis la Soucarrane suit un itinéraire balisé, et la piste du fond de vallée ne laisse aucune place au doute
Points de vigilance
  • Une montée raide, des balcons et des gués : 767 m avalés en 3,4 km, des sections étroites au-dessus du ruisseau peu engageantes en cas de vertige, et le ruisseau de la Gardelle à franchir à gué plusieurs fois — délicat à la fonte des neiges ou après de fortes pluies.
  • Le col du deuxième jour se prend au flair : à 2 476 m au-dessus des étangs, le passage se lit sur de vieilles marques et des cairns, et garde de la neige en début de saison. Emportez la trace GPS, le cheminement se perd par brouillard.
  • Aucun abri utilisable en cas de coup dur : les cabanes du secteur sont fermées, et la nuit à 2 395 m se passe en terrain dégagé. Couchage chaud, tente bien ancrée et créneau météo sûr.
  • Une deuxième journée longue et descendante : 8,7 km et plus de mille mètres de descente après le col. Partez tôt, les genoux travaillent sur la fin.

Y aller et s'orienter

Accès et stationnement

Départ : parking des Orris du Carla (1 630 m), au terminus de la route de la vallée de Soulcem. Depuis Auzat, la D108 remonte la vallée par Marc et le Pla de l'Izard, dépasse le barrage de Soulcem et se termine au parking. Route de haute montagne goudronnée, mais fermée par arrêté préfectoral de novembre à mai au niveau du hameau de Marc : l'accès en voiture n'est possible qu'en saison.

Stationnement : parking gratuit, très fréquenté en juillet et août. Aucun service au départ : faites vos courses à Vicdessos ou Auzat en montant.

Emporter la trace
Chargez la trace sur votre téléphone ou votre montre avant de partir. Le réseau mobile n'est pas garanti sur place.

Le kit recommandé

Le matériel ci-dessous couvre cet itinéraire dans les conditions décrites plus haut. Chaque kit détaille l'équipement pièce par pièce, avec le poids et le budget correspondants.

Questions fréquentes

Peut-on le faire à la journée ?

Oui, sans difficulté : 12 km et un peu plus de 1 000 m de dénivelé se bouclent dans la journée pour un marcheur habitué. Mais c'est précisément parce qu'il est court que cet itinéraire fait un bon premier bivouac. Ici, la nuit est le sujet, pas la performance.

Est-ce un bon choix pour une première nuit sous tente ?

C'est ce pour quoi nous l'avons retenu : dénivelé modéré, journée courte, aucun passage technique et la possibilité de faire demi-tour à tout moment. Pour préparer cette première nuit, voir nos règles d'un premier bivouac serein et la méthode pour choisir son emplacement.

Les cabanes du secteur peuvent-elles servir d'abri ?

Non. Les orris de Lagardelle et la cabane de Soucarranne sont réservés à l'usage pastoral et fermés aux randonneurs. Il n'y a aucun abri utilisable sur l'itinéraire : la tente est la seule protection, ce qui suppose de vérifier la météo la veille plutôt que de compter sur un repli.

Quelle est la meilleure période ?

De juin à octobre, avec un créneau plus large que sur les itinéraires voisins puisque le point haut reste sous 2 500 m. En juin, la neige peut encore traîner sur les parties hautes. En octobre, les journées raccourcissent vite et il faut partir tôt.