
"Deux heures de montée et le vallon s'ouvre d'un coup sur un plateau de quatre lacs : le rapport effort-décor le plus favorable que je connaisse en Ariège."
Le sentier part du parking des Orris du Carla (1 630 m), au terminus de la route de Soulcem, et remonte le vallon du ruisseau de la Gardelle qu'il franchit à gué à plusieurs reprises. La pente est soutenue d'un bout à l'autre, jalonnée de marques jaunes et de cairns, avec quelques sections en balcon au-dessus du ruisseau. Un abri de pierre vers 2 150 m annonce le replat, et le plateau s'ouvre enfin sur les étangs de la Gardelle, quatre lacs étagés entre 2 370 et 2 420 m. Comptez 3,4 km et 767 m de dénivelé, en 2h à 2h30 : la journée est courte, et c'est voulu.
La deuxième journée enchaine trois lacs de plus. Elle commence par le col à 2 476 m, juste au-dessus du camp, point haut de la boucle, puis bascule sur l'étang de Roumazet (2 154 m). Le sentier remonte ensuite en pente douce plein sud jusqu'à l'étang de la Soucarrane (2 291 m), posé dans un cirque de pelouses d'altitude et de blocs au pied du pic de la Soucarrane (2 902 m).
De là, le vallon déroule vers l'est jusqu'au fond de la vallée de Soulcem, vers 1 800 m, où la piste qui longe le ruisseau ramène tranquillement au parking. Comptez 8,7 km et 4h à 4h30 pour cette seconde journée, dont plus de mille mètres de descente. Les randonneurs aguerris peuvent ajouter depuis les étangs l'aller-retour au pic Sud de Canalbonne (2 850 m), sur la crête frontière, mais le vallon s'y remonte aux cairns puis hors sentier : ce n'est pas une randonnée et cela ne fait pas partie de l'itinéraire.
Le bivouac s'installe au bord des étangs de la Gardelle, vers 2 395 m : un vrai plateau d'altitude, herbe et blocs, avec quatre lacs étagés à quelques minutes les uns des autres et de l'eau partout. Le cirque est fermé au sud-ouest par la Pointe de Roumazet (2 842 m) et les crêtes frontière. Le terrain plat et dégagé laisse le choix de l'emplacement, rare à cette altitude.
Aucun abri utilisable sur l'itinéraire : les orris de Lagardelle, en contrebas des étangs, comme la cabane de Soucarranne traversée le lendemain, sont réservés à l'usage pastoral et fermés aux randonneurs. L'autonomie est totale pour la nuit.
Ici, ni parc national ni réserve naturelle : l'itinéraire se déroule dans le Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises, sans réglementation de bivouac propre au secteur. Un bivouac classique — tente montée vers 19h, démontée avant 9h, aux abords des étangs — ne pose aucun problème. Feu interdit et réchaud uniquement, aucune poubelle sur le parcours : redescendez tous vos déchets. Les drones sont interdits sur la vallée par arrêté préfectoral.
La vallée de Soulcem est une zone d'estive : vaches, brebis et chevaux de Mérens y pâturent tout l'été, gardés par des patous. Les chiens sont admis, contrairement aux itinéraires en parc national, mais doivent être tenus en laisse et à distance des troupeaux.
Départ : parking des Orris du Carla (1 630 m), au terminus de la route de la vallée de Soulcem. Depuis Auzat, la D108 remonte la vallée par Marc et le Pla de l'Izard, dépasse le barrage de Soulcem et se termine au parking. Route de haute montagne goudronnée, mais fermée par arrêté préfectoral de novembre à mai au niveau du hameau de Marc : l'accès en voiture n'est possible qu'en saison.
Stationnement : parking gratuit, très fréquenté en juillet et août. Aucun service au départ : faites vos courses à Vicdessos ou Auzat en montant.
Oui, sans difficulté : 12 km et un peu plus de 1 000 m de dénivelé se bouclent dans la journée pour un marcheur habitué. Mais c'est précisément parce qu'il est court que cet itinéraire fait un bon premier bivouac. Ici, la nuit est le sujet, pas la performance.
C'est ce pour quoi nous l'avons retenu : dénivelé modéré, journée courte, aucun passage technique et la possibilité de faire demi-tour à tout moment. Pour préparer cette première nuit, voir nos règles d'un premier bivouac serein et la méthode pour choisir son emplacement.
Non. Les orris de Lagardelle et la cabane de Soucarranne sont réservés à l'usage pastoral et fermés aux randonneurs. Il n'y a aucun abri utilisable sur l'itinéraire : la tente est la seule protection, ce qui suppose de vérifier la météo la veille plutôt que de compter sur un repli.
De juin à octobre, avec un créneau plus large que sur les itinéraires voisins puisque le point haut reste sous 2 500 m. En juin, la neige peut encore traîner sur les parties hautes. En octobre, les journées raccourcissent vite et il faut partir tôt.