
Un lac en forme de cœur, des chevaux en liberté autour de la tente et le pic d'Anie en face au réveil : pour 1 080 m de montée, le rapport effort/récompense est difficile à battre.
Une boucle de deux jours très déséquilibrée, et c'est ce qui la rend confortable : toute la montée est concentrée sur le premier jour, court, et le second déroule une longue traversée en balcon puis une descente continue jusqu'à la voiture.
Jour 1 — col de Lasserre → lac du Montagnon (5,7 km, +1 080 m, 3h à 3h30). Depuis le parking (955 m), le sentier balisé en jaune s'élève régulièrement dans les pâturages, passe la cabane de la Taillandère puis un abreuvoir. La dernière approche sous le Montagnon est le seul passage délicat de la sortie : un flanc accidenté et instable qui demande de bonnes chaussures et un pied sûr. On débouche ensuite sur la cuvette du lac du Montagnon (2 003 m), dont la forme de cœur se lit depuis les crêtes alentour.
Jour 2 — boucle des crêtes et retour par le vallon nord (13,6 km, +460 m / −1 515 m, 6h à 6h30). Le sentier bascule à l'ouest du lac vers 2 140 m, fait le tour du cirque en balcon au-dessus du vallon (Table de Ponce, l'Embarrère en face), puis remonte plein est sur le pic Montagnon d'Iseye (2 173 m), point culminant de la sortie et vrai belvédère sur la vallée d'Aspe et le pic d'Anie. La descente prend ensuite le vallon nord, passe près de la fontaine de Cure deth Cam et rejoint le col de Lasserre sans jamais reprendre l'itinéraire de la veille : c'est une vraie boucle, pas un aller-retour.
La journée 2 est longue en distance mais quasiment toute en descente ou à plat. Le sommet se contourne si la météo tourne : on peut basculer directement dans le vallon nord depuis la crête.
Le bivouac se fait sur les replats herbeux qui dominent le lac, à 2 003 m. Il faut chercher un peu : les abords immédiats de la rive sont humides et fréquentés par le bétail. Se poser une trentaine de mètres au-dessus, sur une bosse plate, donne à la fois un sol sec et la vue sur le lac au lever du jour.
Vaches et chevaux pâturent librement autour du lac et se déplacent la nuit : les cloches sonnent jusque tard, et il vaut mieux ne rien laisser de comestible ou de fragile à l'extérieur de la tente. L'eau du lac est en aval des troupeaux — filtration obligatoire, sans exception.
Le site est venté : c'est un avantage contre les moustiques, un inconvénient pour le montage. Une tente bien haubanée ou un tarp orienté face au vent dominant évite la mauvaise surprise de milieu de nuit.
Le lac du Montagnon et la partie haute de l'itinéraire sont situés dans la zone cœur du Parc national des Pyrénées (secteur d'Aspe). La réglementation du parc s'y applique intégralement :
La règle complète est détaillée sur le site du Parc national des Pyrénées.
Par ailleurs, le stationnement de nuit est interdit toute l'année sur le parking du col de Lasserre et ses abords, quelle qu'en soit la forme — tente, van aménagé, nuit en voiture. La nuit se passe en altitude, pas au départ.
Départ de l'espace du col de Lasserre, au-dessus d'Aydius, en vallée d'Aspe. L'accès est réglementé par la commune et demande une préparation la veille : ce n'est pas un parking où l'on se présente au hasard.
Pas de transport en commun jusqu'au départ. La gare la plus proche est Bedous, dans la vallée, mais il reste ensuite toute la montée sur route jusqu'au col.
Oui, c'est obligatoire et il n'existe pas d'alternative. Le stationnement au col de Lasserre se réserve en ligne sur aydius.com/montagnon, 8 € par véhicule et par jour, pour un nombre de places limité. Pensez à réserver les deux journées du bivouac, et rappelez-vous que passer la nuit sur le parking est interdit toute l'année.
Non. La partie haute de l'itinéraire, lac compris, est en zone cœur du Parc national des Pyrénées, où les chiens sont interdits même tenus en laisse. Les règles varient beaucoup d'un massif à l'autre : notre guide de la réglementation du bivouac en France détaille ces différences.
Un peu, sans être un problème. Vaches et chevaux pâturent librement autour du lac et se déplacent la nuit : les cloches sonnent jusque tard. Plantez la tente une trentaine de mètres au-dessus de la rive, sur un replat sec, et ne laissez rien de comestible ou de fragile à l'extérieur.
De juin à octobre. Le lac est à 2 003 m et l'itinéraire ne dépasse pas 2 173 m : le créneau est plus large que sur les grands itinéraires du Parc national. En juin, la partie haute peut encore porter des plaques de neige.