Le pic du Midi d'Ossau se détachant sur le ciel au-dessus des estives
Intermédiaire
4 jours
47 km
Pyrénées

Grand tour du Pic du Midi d'Ossau

Quatre jours à tourner autour de l'Ossau, d'Arrémoulit aux lacs d'Ayous, avec un refuge gardé à chaque bivouac.
Cette fiche décrit l'itinéraire dans des conditions favorables. Vérifiez systématiquement la météo, l'état du terrain et les conditions du jour avant de partir. En montagne, vérifiez la présence de neige au printemps et au début de l'été. Les températures peuvent chuter fortement la nuit et avec l'altitude. Partez avec un équipement adapté. Vous restez seul juge de votre engagement.
47
km au total
3676
m de dénivelé positif
22-24h
de marche estimée
1180 à 2365
m d'altitude
2270 / 2030 / 1980
m, altitude du bivouac
"Trois nuits, trois lacs, et l'Ossau qui change de visage à chaque étape : c'est le tour qui m'a le plus donné l'impression de faire vraiment le tour d'une montagne."

Le parcours

Effectué par l'auteur

Le tour part du lac de Fabrèges (1 275 m), sur la route du col du Pourtalet. La première journée est de loin la plus lourde : le sentier s'élève au-dessus du lac, franchit la crête vers 2 330 m, bascule sur le lac d'Artouste (1 997 m) puis remonte au sud jusqu'aux lacs d'Arrémoulit (2 270 m), sous le refuge. Dix kilomètres et 1 436 m de dénivelé, en 5h30 à 6h. La télécabine de la Sagette et le petit train d'Artouste, qui partent du parking, effacent presque toute cette montée pour qui veut commencer en douceur.

Le deuxième jour bascule vers l'ouest par le passage d'Orteig (2 320 m), une vire étroite taillée dans la paroi et équipée d'une chaîne à laquelle se tenir, puis par le col d'Arrious (2 252 m). Suit une longue descente jusqu'au Caillou de Soques (1 390 m), dans la vallée du Brousset, avant de remonter au refuge de Pombie (2 032 m), planté au pied de la face sud de l'Ossau. Onze kilomètres, 5h30 à 6h.

Le troisième jour franchit le col de Peyreget (2 301 m), descend le vallon vers le lac Castérau puis remonte au plateau des lacs d'Ayous (1 980 m), face au reflet du pic dans le lac Gentau. Neuf kilomètres et 4h30 à 5h : c'est l'étape que l'on fusionne avec la précédente pour ramener le tour à trois jours.

Le dernier jour redescend sur le lac de Bious-Artigues (1 422 m), puis remonte au col de Lavigne (1 913 m) avant de basculer sur Fabrèges. Quinze kilomètres et 7h à 7h30, la plus longue journée du tour. Pour une première approche du massif, le tour du Pic du Midi d'Ossau en fait le tour rapproché en trois jours, sans passage aérien.

Le bivouac

Trois nuits, trois décors, et un point commun : à chaque fois un refuge à côté. Les lacs d'Arrémoulit (2 270 m), granit et eau claire sous le refuge (2 305 m), le plus haut et le plus sauvage des trois. Le lac de Pombie (2 030 m), face à la muraille sud de l'Ossau, avec les alpinistes du refuge en voisins. Enfin les lacs d'Ayous (1 980 m), et le reflet du pic dans le lac Gentau au lever du soleil.

Les trois refuges sont gardés en saison — Arrémoulit du 14 juillet au 11 octobre en 2026, Pombie de juin à début octobre, Ayous l'été : eau, repas chaud et un vrai toit à chaque étape, ce qui est rare sur un tour de quatre jours. Hors gardiennage, l'autonomie redevient totale.

Tente orange sur une pente herbeuse face aux crêtes de la vallée d'Ossau

Avant de partir

Réglementation

La quasi-totalité du parcours se déroule en zone cœur du Parc national des Pyrénées. Le bivouac y est autorisé de 19h à 9h, à plus d'une heure de marche des accès routiers : les trois emplacements respectent largement la règle. Feu interdit toute l'année, réchaud uniquement. Animaux domestiques non autorisés, même en laisse. Drones interdits. Aucune poubelle sur le parcours.

Deux restrictions locales à connaître avant de planter la tente. À Pombie, les emplacements sont limités et certaines zones interdites pour des raisons de sécurité. Aux lacs d'Ayous, une zone de bivouac proche du lac Gentau est fermée par périodes. Ce sont deux des sites les plus fréquentés des Pyrénées : demandez au gardien en arrivant plutôt que de vous installer au hasard.

Ce qui rassure
  • Un refuge gardé à chaque bivouac : Arrémoulit, Pombie et Ayous — eau, repas et repli aux trois étapes, ce qui est exceptionnel sur un tour de quatre jours
  • Un tour très modulable : les étapes 2 et 3 se fusionnent pour boucler en trois jours, le train d'Artouste efface la première montée, et le stop depuis Bious-Artigues raccourcit la dernière
  • Le seul passage aérien s'esquive : le contournement du passage d'Orteig par le lac d'Artouste et le col d'Arrious coûte une heure à une heure trente, et le reste du tour ne présente aucune difficulté
  • Une vraie boucle depuis Fabrèges : départ et arrivée au même parking, sans navette ni second véhicule
  • De l'eau à chaque étape : lacs et ruisseaux tout au long, plus les fontaines des refuges en saison — eau des lacs à traiter avant consommation
Points de vigilance
  • Le passage d'Orteig, et son contournement : la vire est étroite, taillée dans la paroi à 2 320 m, avec une chaîne pour se tenir — mais le rocher est poli par le passage et devient glissant dès qu'il est humide. À éviter par temps de pluie ou de brouillard mouillant, et si le vide vous gêne avec un sac chargé. L'échappatoire est simple : redescendre au lac d'Artouste et remonter au col d'Arrious, une heure à une heure trente de plus, et rien de perdu.
  • Une première journée très lourde : 1 436 m de dénivelé et 5h30 à 6h avec le sac plein des quatre jours. C'est le morceau du tour, et la télécabine plus le train d'Artouste permettent de l'effacer presque entièrement.
  • Le train d'Artouste se réserve : télécabine et petit train fonctionnent de juin à octobre, avec des horaires qui varient selon la période. Réservez à l'avance et vérifiez l'heure du dernier départ.
  • Une dernière journée longue : 15,7 km et 7h à 7h30 pour boucler jusqu'à Fabrèges, avec la remontée au col de Lavigne en fin de parcours. Le stop depuis Bious-Artigues raccourcit de plusieurs heures si les jambes ne suivent plus.
  • Éboulis, cols et orages : les abords de Pombie et du col de Peyreget se font dans les blocs, avec des névés possibles en début de saison, et les cols n'offrent aucun abri. Partez tôt chaque matin.

Y aller et s'orienter

Accès et stationnement

Départ : parking du lac de Fabrèges (1 275 m), sur la D934 entre Laruns et le col du Pourtalet, au pied de la télécabine de la Sagette. Depuis Pau, comptez environ 1h15 par Laruns et Gabas. Route ouverte toute l'année jusqu'à Fabrèges.

Stationnement : parking au bord du lac, au départ de la télécabine et du train d'Artouste — il sature en journée en juillet et août. Dernier ravitaillement à Laruns ou Gabas avant de monter : il n'y a aucun commerce sur les quatre jours.

Emporter la trace
Chargez la trace sur votre téléphone ou votre montre avant de partir. Le réseau mobile n'est pas garanti sur place.

Le kit recommandé

Le matériel ci-dessous couvre cet itinéraire dans les conditions décrites plus haut. Chaque kit détaille l'équipement pièce par pièce, avec le poids et le budget correspondants.

Questions fréquentes

Le passage d'Orteig est-il évitable ?

Oui. Plutôt que la vire équipée d'une chaîne, on peut redescendre au lac d'Artouste et remonter au col d'Arrious : cela rallonge d'une heure à une heure trente, ce qui reste jouable sur la journée. C'est l'option à retenir par temps humide, les rochers de la vire étant usés et glissants.

Peut-on raccourcir à trois jours ?

Oui, en doublant les étapes 2 et 3. La journée devient longue mais ne présente pas de difficulté technique supplémentaire. Autre solution si le temps manque en cours de route : le stop fonctionne bien entre Bious-Artigues et Fabrèges.

Peut-on utiliser le télécabine et le train d'Artouste ?

Oui, ils remplacent une bonne partie du premier jour, ce qui rend la version en trois jours nettement plus confortable. Vérifiez les horaires et réservez à l'avance : l'affluence est forte en été, et une correspondance manquée décale toute l'étape jusqu'au bivouac.

Quelle différence avec le Tour du Pic du Midi d'Ossau ?

Le Tour du Pic du Midi d'Ossau fait le tour rapproché du pic en trois jours faciles, 24 km et 1 694 m de dénivelé, pensé pour une première itinérance. Le Grand tour prend beaucoup plus large : quatre jours, 47 km, 3 676 m et un passage câblé. Le premier se contemple, le second s'engage.