
"Nous étions seuls au bord du quatrième étang, avec un pêcheur pour tout voisinage : c'est rare d'avoir un vallon des Pyrénées pour soi."
Le sentier part du parking situé sous le barrage de Soulcem (1 570 m), longe un moment le fond de vallée, puis attaque la pente au-dessus du ruisseau du Picot, qu'il suit en rive gauche. Le balisage blanc et rouge ne quitte plus l'itinéraire. La montée est raide d'un bout à l'autre, avec un ou deux passages où l'on pose les mains dans les rochers, jusqu'au premier étang (2 040 m). Au-dessus, les étangs s'enchaînent en escalier, séparés par des verrous glaciaires : 2 163 m, puis 2 286 m, et enfin le quatrième étang à 2 415 m, terme de l'étape — 4,8 km et 913 m de dénivelé d'un seul tenant, en 2h30 à 3h.
La deuxième journée commence par la section la plus exigeante de la sortie : deux cols coup sur coup au-dessus du dernier étang, vers 2 620 puis 2 590 m, dans un terrain de blocs où un câble aide sur un passage raide. L'itinéraire bascule ensuite dans le cirque de l'étang Fourcat, un vaste amphithéâtre minéral de lacs et d'éboulis vers 2 430 m.
De là, la trace remonte au sud-ouest jusqu'au col de la Oussade (2 738 m), point haut de la boucle, avant une longue descente plein ouest de plus de 1 100 m qui déroule le vallon jusqu'au fond de la vallée de Soulcem. Le retour au parking se fait ensuite à plat, le long du lac. Comptez 9 km et 5h30 à 6h pour cette seconde journée.
Le bivouac s'installe au bord du quatrième étang du Picot, à 2 415 m : replats herbeux entre les blocs, eau claire à portée de main et un cirque entièrement minéral, dominé par le pic du Picot (2 707 m) et le Malcaras (2 865 m). Le vallon est peu parcouru : il n'est pas rare d'avoir les lieux pour soi dès la fin d'après-midi.
Aucun abri en altitude sur l'itinéraire : les orris du Picot, en contrebas, sont de simples cabanes de berger en pierre sèche, et le refuge de l'étang Fourcat (2 445 m), traversé le lendemain, est fermé pour travaux de fin août 2026 à juin 2027. L'autonomie est totale sur les deux jours.

Ici, ni parc national ni réserve naturelle : l'itinéraire se déroule dans le Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises, sans réglementation de bivouac propre au secteur. Un bivouac classique — tente montée vers 19h, démontée avant 9h, aux abords des étangs — ne pose aucun problème. Feu interdit et réchaud uniquement, aucune poubelle sur le parcours : redescendez tous vos déchets. Les drones sont interdits sur la vallée par arrêté préfectoral.
La vallée de Soulcem est une zone d'estive : vaches et brebis y pâturent tout l'été, gardées par des patous. Les chiens sont admis, contrairement aux itinéraires en parc national, mais doivent être tenus en laisse et à distance des troupeaux.
Départ : parking situé sous le barrage de Soulcem (1 570 m). Depuis Auzat, la D108 remonte la vallée de Soulcem par Marc et le Pla de l'Izard jusqu'au barrage, terminus de la route, à environ 1h30 de Toulouse. Route de haute montagne goudronnée, mais fermée par arrêté préfectoral de novembre à mai au niveau du hameau de Marc : l'accès en voiture n'est possible qu'en saison.
Stationnement : parkings gratuits sous le barrage et le long du chemin des Orris, très fréquentés en juillet et août. Aucun service au départ : faites vos courses à Vicdessos ou Auzat en montant.
Pas en début de saison. À 2 738 m, la montée au col garde un névé qui peut réclamer des crampons jusqu'au cœur de l'été. Si le passage ne vous inspire pas confiance sur place, il n'y a aucun engagement : on fait demi-tour et on rentre par l'itinéraire de la veille.
Très peu. C'est l'un des secteurs les plus calmes des Pyrénées ariégeoises : nous n'y avons croisé qu'un pêcheur sur les deux jours. C'est tout l'intérêt de l'itinéraire, et aussi ce qui impose d'être autonome.
Aucun. Pas de refuge gardé, pas de cabane ouverte : la sortie se fait en autonomie complète, avec tout ce qu'il faut pour passer la nuit et faire demi-tour si nécessaire. C'est la seule raison pour laquelle cet itinéraire est classé Intermédiaire plutôt que Débutant. Si c'est votre première nuit sans filet, lisez d'abord nos règles pour un premier bivouac serein.
De mi-juillet à fin septembre. Avant, le col de la Oussade est souvent encore enneigé et l'itinéraire perd sa boucle. Après, les nuits à 2 415 m deviennent rudes sans matériel adapté. Fin août et septembre offrent le meilleur rapport conditions-tranquillité.