
"Quatre jours à tourner autour du même massif de granit, avec un lac différent chaque soir : c'est le format d'itinérance qui m'a le plus marqué dans les Pyrénées."
Le tour part du plateau du Lienz (1 500 m), au-dessus de Barèges, et remonte la vallée de la Glère jusqu'au refuge (2 153 m), puis le chapelet de lacs qui lui succède : le lac de Mounicot, puis le lac de la Mourèle (2 331 m) où se pose le camp. Courte et raide, la journée ne fait que 6,2 km pour 855 m de dénivelé, en 2h30 à 3h : on s'installe tôt dans le granit.
Le deuxième jour est la grande traversée du tour. Il franchit la Hourquette de Mounicot (2 547 m), traverse le cœur de la réserve par les lacs d'Aubert et d'Aumar, puis bascule au col d'Estoudou (2 260 m) pour descendre sur le lac de l'Oule (1 819 m). Douze kilomètres et 5h30 à 6h, avec plus de mille mètres de descente cumulée.
Le troisième jour remonte le vallon de Bastan et son escalier de lacs, franchit le col de Bastanet (2 507 m) et rejoint le lac de Port-Bielh (2 285 m), grand lac minéral au pied du pic de Bastan. C'est la journée la plus courte : 8 km et 776 m de dénivelé, en 3h30 à 4h.
Le dernier jour repasse côté Barèges par deux cols coup sur coup, le col de Barèges (2 469 m), où l'on ressort de la réserve, puis le col de Tracens (2 461 m). Le vallon d'Aygues-Cluses et son refuge (2 135 m) déroulent ensuite la longue descente jusqu'au Lienz : 14,4 km et 6h30 à 7h, la journée la plus longue du tour. Pour découvrir le massif sur un format plus court, le tour des lacs du Néouvielle l'aborde par le sud en deux jours.
Trois nuits, trois ambiances. Le premier soir au bord du lac de la Mourèle (2 331 m), dans les dalles et les blocs de granit — le lac de Mounicot, un peu en contrebas, fait un plan B tout aussi confortable. Le deuxième au bord du lac de l'Oule (1 815 m), nettement plus bas et plus doux, avec un plan d'eau immense et l'auberge sur la rive. Le troisième au lac de Port-Bielh (2 285 m), seize hectares d'eau au pied du pic de Bastan, et sans doute le plus beau des trois.
Des toits jalonnent le parcours : le refuge de la Glère (2 153 m) le premier jour, l'auberge du lac de l'Oule le deuxième, l'abri de Port-Bielh et le refuge d'Aygues-Cluses (2 135 m) le dernier. En revanche, le refuge de Bastan (2 250 m), sur la route du troisième jour, est fermé jusqu'à nouvel ordre depuis mai 2025.
Le tour fait le tour de la Réserve naturelle nationale du Néouvielle et la traverse en journée, notamment aux lacs d'Aubert et d'Aumar. Dans la réserve, le bivouac est interdit en dehors des deux aires aménagées d'Orédon et d'Aubert, où il est autorisé de 19h à 9h. Chiens interdits même en laisse, baignade et immersion interdites dans tous les lacs, feu interdit, drones interdits.
C'est tout l'intérêt de ce découpage : les trois nuits tombent hors du périmètre de la réserve. Les lacs de la Glère sont en zone cœur du Parc national des Pyrénées, où le bivouac est autorisé de 19h à 9h à plus d'une heure de marche des accès routiers ; le lac de l'Oule et le lac de Port-Bielh sont en dehors de la réserve. La limite se franchit plusieurs fois dans la journée — elle passe précisément au col de Barèges, le dernier jour — alors gardez la carte officielle sous la main avant de choisir un emplacement.
Départ : plateau du Lienz (1 500 m), au-dessus de Barèges. Depuis Luz-Saint-Sauveur, la D918 monte à Barèges, d'où une petite route rejoint le plateau. La piste forestière qui continue vers la Glère est interdite aux véhicules non autorisés par arrêté municipal : la marche commence au parking.
Stationnement : parking gratuit au bout de la route, à côté de l'auberge du Lienz « Chez Louisette ». Il se remplit en juillet et août, arrivez tôt. Ravitaillement complet à Barèges avant de monter : c'est le dernier commerce avant quatre jours.
Oui, en fusionnant deux étapes, mais la journée obtenue devient longue et la marge de repli disparaît. Le découpage en quatre jours n'est pas une facilité : il donne des journées de 4 à 5 heures, donc du temps passé sur place plutôt que sur le sentier.
Oui, et c'est la contrainte qui a dicté tout le découpage. La Réserve naturelle du Néouvielle limite le bivouac aux aires d'Orédon et d'Aubert : les trois nuits proposées tombent volontairement en dehors de son périmètre.
Non, il faut partir avec les quatre jours de nourriture : aucun commerce sur le parcours, et les refuges rencontrés ne constituent pas un ravitaillement fiable. C'est le principal poste de poids du sac, et là que nos réflexes pour alléger son sac prennent le plus de sens.
Le Tour des Lacs est la version courte : deux jours, une nuit, 20 km, accessible à un débutant, au cœur du massif. Le Grand tour double la mise, quatre jours, trois nuits, 41 km et 2 837 m de dénivelé, et fait le tour complet du parc au lieu d'en visiter le centre. Même massif, deux engagements très différents.