
"Monter au Turon depuis le lac det Mail, le camp resté en bas et le sac presque vide : c'est la façon la plus douce d'aller chercher un 3 000."
Le sentier part du plateau du Lienz (1 500 m), au-dessus de Barèges, et remonte la vallée de la Glère : d'abord une piste forestière fermée à la circulation, puis un vrai sentier qui s'élève régulièrement. Il passe le refuge de la Glère (2 153 m) au bord de son lac, puis enchaine les petits lacs et les dalles de granit jusqu'au lac det Mail (2 335 m). Comptez 6,5 km et 874 m de dénivelé, en 3h à 3h30.
Le lendemain, l'ascension du Turon de Néouvielle se fait en boucle depuis le camp. Le vallon s'élève de lac en lac — les lacs Verts, le lac Bleu (2 651 m), le lac Glacé (2 747 m) — dans un terrain de plus en plus minéral, éboulis et blocs de granit où les cairns remplacent le balisage, jusqu'au sommet à 3 035 m. Rien de technique, mais l'ambiance est franchement haute montagne. L'usage est de laisser une partie des affaires au lac Bleu, à l'abri derrière un rocher, et de finir avec l'eau, une polaire et un coupe-vent : laisser le sac au camp est jouable avec une gourde filtrante, mais le lac Bleu reste le meilleur compromis si l'on n'est pas très rapide.
La descente bascule par le col de Coume Estrète (2 767 m), retrouve les lacs Estelat (2 423 et 2 399 m) et redescend au lac det Mail. Il reste ensuite toute la vallée de la Glère à dérouler jusqu'au Lienz : 13,3 km et 6h30 à 7h pour la journée, dont plus de 1 500 m de descente.
Le bivouac s'installe au bord du lac det Mail, à 2 335 m : des replats d'herbe et des dalles entre les blocs de granit, de l'eau à portée de main et un cirque fermé à l'est par le pic de la Mourèle (2 679 m). On est au cœur du granit du Néouvielle, mais du côté discret du massif, loin de l'affluence des lacs d'Aubert et d'Aumar.
Le refuge de la Glère (2 153 m), croisé une heure avant le camp, est gardé du 30 mai au 10 octobre en 2026, avec une ouverture hivernale de février à début mai. Eau, repas et un vrai toit à une heure de descente : c'est le repli de l'itinéraire.

Point important, et contre-intuitif pour qui connaît le Néouvielle : cet itinéraire se déroule en zone cœur du Parc national des Pyrénées, à l'ouest de la Réserve naturelle nationale du Néouvielle. La règle des deux aires aménagées d'Orédon et d'Aubert, qui encadre strictement le bivouac dans la réserve, ne s'applique donc pas ici. Le bivouac est autorisé de 19h à 9h, à plus d'une heure de marche des accès routiers : le lac det Mail, à 3h du Lienz, est largement au-delà. Les limites exactes figurent sur la carte officielle de la réserve.
Les règles de la zone cœur s'appliquent en revanche pleinement : feu interdit toute l'année, réchaud uniquement, animaux domestiques non autorisés même en laisse, drones interdits. Aucune poubelle sur le parcours : redescendez tous vos déchets.
Départ : plateau du Lienz (1 500 m), au-dessus de Barèges. Depuis Luz-Saint-Sauveur, la D918 monte à Barèges, d'où une petite route rejoint le plateau. La piste forestière qui continue vers la Glère est interdite aux véhicules non autorisés par arrêté municipal : la marche commence au parking.
Stationnement : parking gratuit au bout de la route, à côté de l'auberge du Lienz « Chez Louisette », d'où part le sentier. Il se remplit en juillet et août, arrivez tôt le matin. Ravitaillement et services à Barèges, à quelques minutes en contrebas.
Non, et c'est même déconseillé. La montée finale au Turon se fait beaucoup mieux allégé : laissez le gros du sac au lac Bleu, à l'abri d'un rocher, et ne montez qu'avec de l'eau, une polaire et un coupe-vent. C'est le compromis que nous avons retenu, le lac det Mail étant un peu trop loin pour servir de dépôt.
Techniquement non, mais il fait chuter la moyenne. Ni passage exposé ni escalade : simplement du terrain très accidenté sur lequel on avance nettement plus lentement qu'on ne l'anticipe. C'est ce qui explique les 9 à 10 heures de marche annoncées sur une distance modeste.
Le tracé en longe la limite, mais l'emplacement de bivouac se situe en dehors : on échappe ainsi à la contrainte des deux seules aires autorisées d'Orédon et d'Aubert. Les règles générales du bivouac s'appliquent partout ailleurs : voir notre guide de la réglementation du bivouac en France.
De juillet à septembre. Le Turon culmine à 3 035 m : avant juillet, les névés de la partie haute imposent souvent des crampons, et le pierrier enneigé devient nettement moins engageant. Septembre reste le mois le plus sûr pour le sommet.